Comprendre son plafond de déduction réel
Le plafond de déduction PER ne se résume pas à un pourcentage unique : il diffère selon que l'on est salarié ou travailleur non salarié, et un plancher garantit un minimum même en l'absence de revenus professionnels.
Pour un salarié ou un dirigeant assimilé salarié, le plafond de déduction correspond à 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) — soit un maximum de 38 448 € en 2026 (10 % × 8 × 48 060 €). Un plancher s'applique systématiquement, même sans revenu professionnel ou avec un revenu très faible : il est égal à 10 % du PASS, soit 4 806 € en 2026.
Pour un travailleur non salarié (indépendant, profession libérale, gérant majoritaire de SARL), un second plafond s'ajoute à celui calculé comme pour un salarié : 15 % supplémentaires sur la fraction du bénéfice imposable comprise entre 1 et 8 PASS. Ce mécanisme, hérité du régime Madelin, permet aux TNS aux revenus élevés d'atteindre un plafond de déduction nettement supérieur — jusqu'à 88 911 € en 2026 pour un bénéfice imposable égal ou supérieur à 8 PASS.
Ce plafond se consulte chaque année sur l'avis d'impôt (rubrique « Plafond épargne retraite ») ou dans l'espace particulier sur impots.gouv.fr, qui affiche le plafond disponible de l'année en cours ainsi que les plafonds reportables des années précédentes.
Bon à savoir
Le plafond affiché sur votre avis d'impôt tient déjà compte des cotisations versées sur un contrat Madelin ou un PER d'entreprise obligatoire au titre de l'année : il s'agit bien d'un plafond global, pas d'un plafond propre au seul PER individuel.
L'apport d'un conseiller en gestion de patrimoine
Un conseiller en gestion de patrimoine vérifie avec vous, chiffres de l'avis d'impôt en main, quel plafond s'applique réellement à votre situation — notamment en cas de changement de statut (passage salarié/TNS) ou de revenus irréguliers.
Report sur 5 ans et mutualisation entre conjoints : la marge de manœuvre réelle
Le plafond disponible une année donnée ne se limite pas au plafond de l'année en cours : les plafonds non utilisés se reportent, et les couples peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs — avec une exception nouvelle en 2026.
Nouveauté de la loi de finances pour 2026, publiée au Journal officiel le 20 février 2026 : la durée de report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans pour les sommes versées à partir de 2026. Un plafond non consommé en 2026 reste donc mobilisable jusqu'en 2031. Les plafonds non utilisés des années 2024 et 2025, en revanche, restent soumis à l'ancienne règle et ne sont reportables que durant 3 ans.
Les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds de déduction : si l'un des deux n'a pas consommé la totalité du sien, l'autre peut l'utiliser pour déduire davantage sur son propre PER, sur simple option lors de la déclaration de revenus. Ce mécanisme reste pleinement applicable en 2026.
Exception introduite par la même loi de finances : la mutualisation n'est plus possible dès que l'un des deux membres du couple a atteint 70 ans. Pour un couple dont l'un des conjoints a déjà franchi ce seuil, chacun doit désormais raisonner sur son seul plafond propre.
Bon à savoir
Avant de verser en fin d'année, consultez le plafond affiché sur votre espace impots.gouv.fr : il cumule déjà le report des années précédentes et évite de verser au-delà de ce qui sera réellement déductible.
L'apport d'un conseiller en gestion de patrimoine
Un CGP arbitre, au sein d'un couple, lequel des deux conjoints doit verser en priorité sur son PER pour optimiser l'usage combiné des deux plafonds — un calcul d'autant plus utile lorsque les niveaux de revenus ou les tranches marginales diffèrent sensiblement entre époux.
Jusqu'où pousser son versement : raisonner par la tranche marginale
L'intérêt du PER ne se mesure pas au montant déduit, mais à l'écart entre la tranche marginale d'imposition au moment du versement et celle, probable, au moment de la sortie.
Un versement déductible procure une économie d'impôt immédiate égale au montant versé multiplié par la tranche marginale d'imposition (TMI) du foyer : 500 € pour 5 000 € versés à 11 %, 1 500 € à 30 %, 2 050 € à 41 %, 2 250 € à 45 %. Le gain est donc proportionnellement plus important pour les foyers aux tranches élevées — ce qui explique pourquoi le PER est souvent présenté comme un outil d'abord pertinent à partir de la tranche à 30 %, et nettement plus puissant à 41 % ou 45 %.
Ce raisonnement reste toutefois incomplet s'il s'arrête à l'entrée : les sommes déduites seront réintégrées dans le revenu imposable au moment de la sortie (voir plus bas), au taux marginal applicable à ce moment-là. Pousser son versement au maximum du plafond a du sens lorsque la TMI anticipée à la retraite sera inférieure à la TMI actuelle — typiquement lorsque les revenus professionnels diminuent sensiblement au passage à la retraite. L'opération peut perdre une partie de son intérêt si la TMI de sortie se révèle proche, voire supérieure, à celle de l'entrée.
Un versement qui ne consomme qu'une partie de la tranche la plus haute du foyer — plutôt que la totalité du plafond disponible — permet souvent de capter l'essentiel du gain fiscal sans sur-mobiliser une épargne bloquée jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi).
Bon à savoir
Simuler un versement « à la marge » — juste assez pour écrêter le haut de votre tranche d'imposition — est souvent plus efficace que viser systématiquement le plafond maximal disponible.
L'apport d'un conseiller en gestion de patrimoine
Un CGP projette votre TMI probable à la retraite (pensions attendues, autres revenus, composition du foyer) pour évaluer si le différentiel de taux justifie de pousser le versement jusqu'au plafond ou de s'arrêter en deçà.
Ce qui change en 2026 : fin de la déduction après 70 ans et hausse des prélèvements sociaux
Au-delà du report étendu à 5 ans, la loi de finances pour 2026 introduit deux changements qui concernent directement les détenteurs de PER proches de la retraite ou déjà en phase de sortie.
Les versements volontaires effectués à partir du 1er janvier 2026 par une personne ayant atteint 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable, quel que soit le plafond disponible. Ils sont désormais traités fiscalement comme des versements non déductibles, avec les conséquences qui en découlent sur la fiscalité de sortie détaillée plus bas. Les versements effectués avant 70 ans conservent le régime applicable au moment où ils ont été réalisés.
Le taux global des prélèvements sociaux appliqué aux gains du PER (intérêts et plus-values générés par l'épargne, hors capital versé) passe de 17,2 % à 18,6 %, sous l'effet d'une hausse de 1,4 point de la CSG sur les revenus du capital. Combiné à l'impôt forfaitaire de 12,8 %, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) applicable aux gains passe ainsi de 30 % à 31,4 % pour les sommes récupérées depuis le 1er janvier 2026, en rente comme en capital.
Ces deux mesures renforcent l'intérêt de raisonner le calendrier des versements avant 70 ans plutôt qu'après, et incitent à vérifier, pour toute sortie envisagée en 2026 ou après, l'impact de la hausse de la fiscalité sur les gains accumulés.
Bon à savoir
70 ans n'est pas seulement un seuil symbolique : c'est désormais la date à partir de laquelle un versement sur un PER cesse de générer la moindre économie d'impôt à l'entrée.
L'apport d'un conseiller en gestion de patrimoine
Un CGP identifie, pour un épargnant approchant de 70 ans, s'il reste pertinent d'accélérer les versements avant ce seuil ou de réorienter l'épargne vers une autre enveloppe pour la période postérieure.
La fiscalité à la sortie : ce que la déduction à l'entrée engage
Le traitement fiscal du capital ou de la rente perçue dépend directement d'un choix fait des années plus tôt : les versements ont-ils été déduits du revenu imposable, ou non ?
Si les versements ont été déduits à l'entrée, la part du capital récupéré qui leur correspond est réintégrée dans le revenu imposable et taxée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux sur cette fraction ; la part correspondant aux plus-values est, elle, soumise au PFU de 31,4 % (ou, sur option, au barème progressif plus les prélèvements sociaux). En cas de sortie en rente, celle-ci est imposée selon le régime des pensions de retraite — barème progressif après un abattement de 10 % — et soumise aux prélèvements sociaux applicables aux pensions.
Si les versements n'ont pas été déduits (plafond déjà atteint, choix délibéré de ne pas déduire, ou versements effectués après 70 ans depuis 2026), la part du capital correspondante est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; seules les plus-values restent taxées au PFU de 31,4 %. En cas de sortie en rente, c'est le régime de la rente viagère à titre onéreux qui s'applique : seule une fraction de la rente est imposable, déterminée par l'âge du bénéficiaire au moment du premier versement (70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans).
Ce choix de déduire ou non se fait versement par versement, au moment de la déclaration : rien n'empêche, sur un même contrat, de cumuler des versements déduits et d'autres non déduits, chacun suivant son propre régime de sortie proportionnellement à sa part dans le capital total.
Bon à savoir
Ne pas déduire un versement a du sens lorsque votre TMI est déjà basse (11 % ou tranche à 0 %) : l'avantage fiscal à l'entrée serait faible, alors que l'exonération du capital à la sortie, elle, reste acquise.
L'apport d'un conseiller en gestion de patrimoine
Choisir de déduire ou non chaque versement est une décision qui se prend en amont, avec une vision des deux bouts de la chaîne — TMI à l'entrée, régime de sortie visé (capital ou rente) — qu'un CGP contribue à clarifier avant la déclaration.
« Le PER n'est pas un produit, c'est un calendrier fiscal : son intérêt se mesure à l'écart entre la tranche marginale d'aujourd'hui et celle, probable, de la retraite — pas au seul montant déduit cette année. »
FAQ · Questions fréquentes
PER 2026 : vos questions les plus fréquentes
Que se passe-t-il si je ne consomme pas tout mon plafond cette année ?
Il n'est pas perdu : à partir des versements effectués en 2026, le plafond non utilisé se reporte sur 5 années, contre 3 ans auparavant. Les plafonds non utilisés de 2024 et 2025 restent toutefois soumis à l'ancienne règle de report sur 3 ans.
Le plafond de mon conjoint peut-il toujours être utilisé en 2026 ?
Oui, si aucun des deux membres du couple marié ou pacsé n'a atteint 70 ans : la mutualisation des plafonds reste possible sur simple option à la déclaration. Elle n'est plus possible dès que l'un des deux a franchi ce seuil.
Faut-il systématiquement déduire ses versements PER ?
Non. Déduire est pertinent lorsque la tranche marginale d'imposition au moment du versement est significative et que la tranche anticipée à la sortie sera plus faible. Pour un foyer à TMI basse, ne pas déduire permet de récupérer le capital correspondant en franchise totale d'impôt et de prélèvements sociaux à la sortie.
Les anciens contrats (PERP, Madelin, article 83) suivent-ils les mêmes règles en 2026 ?
Les règles de plafond, de report et de fin de déduction après 70 ans s'appliquent de façon homogène aux trois compartiments du PER (individuel, collectif, obligatoire) depuis leur création en 2019. Les anciens produits d'épargne retraite non transférés dans un PER conservent leurs propres règles antérieures, distinctes de celles présentées ici.
Peut-on récupérer son PER avant la retraite ?
Oui, dans des cas de déblocage anticipé strictement encadrés par la loi — principalement l'acquisition de la résidence principale (uniquement pour les versements volontaires et ceux issus de l'épargne salariale) et certains accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire). Hors ces cas, l'épargne reste bloquée jusqu'à la retraite.
Déterminons ensemble le bon montant à verser cette année.
Plafond réel disponible, choix de déduire ou non, calendrier de sortie envisagé : nous chiffrons précisément l'intérêt d'un versement PER au regard de votre situation, avant que l'année fiscale ne se referme.
Article à caractère pédagogique, non contractuel. Les informations fiscales présentées correspondent aux règles en vigueur en 2026, notamment issues de la loi de finances pour 2026 publiée au Journal officiel le 20 février 2026, et sont susceptibles d'évoluer avec une prochaine loi de finances. Elles doivent être appréciées au regard de votre situation personnelle.
